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    Il les entraîna dans un dédale de couloirs de salles spacieuses interminable. Il leur sembla avoir marché toute la journée, si tant est qu'il y ait des jours et des nuits dans ce lieu étrange, où il n'y avait aucune source de lumière, excepté le cristal, mais qui était pourtant constamment baigné d'une lumière délicate bleutée. Dans toutes les salles qu'ils traversaient, mains dans la mains, quelques pas derrière leur étrange guide, les gens qui s'y trouvaient chuchotaient sur leur passage, les regardaient avec des regards étranges. Ces gens, qui peuplaient ces innombrables pièces, leur paraissaient probablement aussi étrange qu'eux mêmes envers cette population. Toutes les personnes dont ils croisaient le regard avait les yeux bleus. Des bleus ciel, azur, marine, foncé, voir même indigo… Ils portaient tous des tenues exactement de la même couleur que leurs yeux, et bien que le vert et le gris ne soient pas des couleurs voyantes, ils avaient l'impression de faire tâche au milieu de ces infinies nuances de bleus. Le plus étonnant, sans doutes, était la peau des habitants de ces lieux. Leur guide, qui leur avait d'abord semblé avoir simplement une peau particulièrement pâle, était en réalité blanc. Blanc comme l'écume de la mer, blanc comme les nuages qui peuplaient un ciel qu'ils ne pouvaient plus voir. D'autres avaient la peau noire, noire comme les ténèbres dans lesquels ils s'étaient enlacés pour ce qu'ils croyaient la première et la dernière fois. Ceux dont la peau était la plus sombres leur paraissaient plus jeune. Leur guide, en revanche, donnait l'impression d'avoir perdu ses couleurs, il était ridé, et, ils s'en rendaient compte maintenant, boitait très légèrement. Le reste des gens, qu'ils croisaient de temps en temps mais moins fréquemment, étaient gris. Gris clair, gris foncé, ils semblaient être entre deux âges, entre celui de la jeunesse et de l'obscurité et celui de la sagesse et de la lumière, bien plus tard.

    À un moment, ils arrivèrent dans une salle où la luminosité était bien plus faible que toutes les autres qu'ils avaient pu voir. Une atmosphère étouffante y régnait. Des silhouettes, vêtues cette fois de sorte de robes de bure, capuche relevée sur leur visage, étaient assises sur des bancs de pierres collés au mur, et ne bougeait pas. Le vieil homme, baissant les yeux, pressa le pas. Alors qu'ils allaient sortir, un sombre regard d'améthyste se leva sur lui, avant de disparaître dans les plis de la cape de toile grossière. La porte se referma dans un claquement sourd, tandis que leur guide semblait revivre, après avoir quitté cette pièce étrange.

    Il n'avait pas prononcé un mot depuis leur départ de la salle du grand cristal rougeoyant. Quand enfin, derrière eux se refermèrent les portes immenses de la pièce d'où ils étaient partis, l'homme s'arrêta et commença à parler.

     

    « Vous avez sans doutes pu observer à loisir cet endroit où nous vivons. Nous l'appelions l'Atlantide, avant de disparaître de les surface de la Terre, et d'avoir donc des rapports avec d'autres peuples. Cet endroit étant pour nous le seul qui existe, le nommer ne nous servait plus à rien, et l'appellation s'évapore peu à peu dans le temps qui s'écoule depuis la Catastrophe. Je crois que vous avez remarqué de nombreux détails physiques sur nous, qui ont du vous paraître étranges. En effet, ne pouvant plus être chauffée par les rayons du Soleil, notre peau s'est peu à peu habituée à notre lumière. Nous naissons noirs, et mourrons blancs, bien longtemps après. Chez nous, les plus jeunes, les blancs donc, vont et viennent à leur gré dès qu'ils sont en âge de parler, de marcher et de prendre des choix. Les Gris, qui correspondraient à votre âge ''adulte'', font les travaux qui permettent à notre cité, notre Terre, de fonctionner. Les Blancs, comme moi, nous sommes aussi appelés les Sages, nous veillons au bon fonctionnement de la cité. Les sept plus âgés d'entre nous, dont je ferais partie à la mort d'un des Sept présents, guident et jugent notre peuple. Vous avez sans doutes remarqué cette salle sombre que nous avons rapidement traversée. Les noirs, gris et blancs s'y côtoient, et restent assis jusqu'à ce qu'Elle s'éteigne. Elle, c'est cette étincelle dans notre regard, cette étincelle rouge qui donne à nos yeux parfois des couleurs violettes ou marrons. Il n'y a qu'un moyen de s'en débarrasser, attendre. Un moment, nos yeux se ferment, et quand ils se rouvrent, Elle est partie, elle vient gonfler notre cristal. Ce cristal de lumière rouge, emmagasine en fait tout le mal qu'il y a en nous. Le mal, cette étincelle de couleur écarlate, se loge dans notre regard, si bien qu'il nous ait plutôt simple de limiter rapidement son développement. Nos yeux retrouvent leur bleu d'origine une fois que le mal qui a germé en nous nous a quitté. Une fois qu'il est parti, nous le pouvons plus jamais l'avoir, mais certains, affaibli par ce parasite, meurent à l'âge gris, avant d'avoir attendu assez longtemps pour avoir été soigné par les effets du temps qui nous assagissent. Vous l'avez probablement remarqué aussi, jeunes gens, qu'il n'y a que des déclinaisons de bleus dans nos regard. Depuis bien longtemps, le vert, le gris, comme vous, ont disparu, en même temps que notre capacité à aimer.

    Vous avez bien vu, aussi, que nous sommes habillés de la couleur de notre regard, appelé aussi l'âme, ce qui permet d'enfermer le plus rapidement possible ceux qu'entre nous, qui, malheureusement, sont touchés par le mal. Cette tradition, de se vêtir comme notre âme, remonte à bien plus longtemps qu'avant la Catastrophe, je ne saurais donc vous dire pourquoi, mais elle s'est toujours perpétuée, nous ne l'avons jamais abandonnée. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus imaginer vivre avec autre chose, les couleurs trop vives, comme celle du cristal par exemple, nous font mal aux yeux. Nous communiquons par ailleurs essentiellement par le biais de l'esprit, c'est pourquoi un silence nous entoure toujours. Les chuchotements sur votre passage sont dus à la surprise du peuple, presque personne ne savait jusqu'à ce que je vous présente que des d'en Haut, des Anciens, étaient là. De toutes manières, à part en vous ayant vous de leur propre yeux, personne n'aurait jamais cru que vous puissiez être ici. Et, bien évidemment, à la couleur de votre âme, grise pour l'un et verte pour l'autre, qui, ont disparu depuis des millénaires. Votre peau, aussi, a encore la douceur et la chaleur de la caresse des rayons du soleil apparente.

    Pour les plus jeunes, et mêmes les gris, vous êtes des apparitions, des envoyés, peut être mêmes des Dieux, comme ceux qui ont disparus durant la Catastrophe, ne nous laissant que le Cristal. Vous êtes des rêves oubliés, des mythes enfouis. Plus que d'anciens souvenirs dont l'existence n'était même plus sûre. J'oserais même dire, des revenants, bien que vous n'ayez jamais quitté la vie, je le pense tout du moins.

    Je suis navré, mais je vais devoir vous quitter, vous allez être reconduis de là d'où vous êtes venus. Demain sans doutes nous nous retrouverons, et je pourrais peut être essayer de répondre aux questions, innombrables je pense, qui peuplent votre esprit.

    Jeune fille, jeune homme, au revoir. » Une grande porte coulissante qu'ils n'avaient pas remarqué éclipsa le vieil homme de leur vue. Ils se tournèrent l'un vers l'autre, se dévorant des yeux, admirant ces couleurs pourtant simples, des yeux et de la peau, mais qui étaient absentes de ce monde étrange, qui était l'Atlantide, d'après ce que leur avait l'homme. Ses lèvres rouges, ses cheveux longs auburn, sa peau claire mais parée d'une délicate couleur rosée, et les deux émeraudes qui vivaient dans son regard. Il les aimait, ces tendres couleurs, il l'aimait, elle, et se demandait pourquoi il ne le lui avait pas dit plus tôt, bien plus tôt. Elle, la tête contre son épaule, caressait du bout des doigts la peau légèrement bronzée. Dans un soupir inaudible pour n'importe qui sauf lui, elle murmura son nom.

    « … »

     

     


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    Petit défi proposé par la page Facebook M'écriture, faire un acrostiche avec le mot "Horizon". J'ai fait ça un peu rapidement sur le moment, en vers libre (vraiment très libre pour le coup x) ), mais je trouve ça mignon comme rendu, bien que j'aime pas vraiment écrire de poésie.

     

     

    Homme, dont s'étend le regard

    Oh ! Vers ce si lointain

    Regret,

    Inassouvie, abandonnée, cette passion de

    Zieuter, vers le lointain, à l'infini cet

    Or du soleil couchant, partant rejoindre le

    Néant.

     

    Hagarde, elle patiente

    Or du soir,

    Rien ne trouble ce silence

    Inouï, lointaine séparation, telle rayure de

    Zèbre, rougeoyante s'éteint lentement

    Oeuf de lumière qui laisse apparaître la

    Nuit.

     

     


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  • Elle se réveilla. Elle était nue, dans un lit. La pièce qui l'entourait était blanche et verte, sobre mais chaleureuse. Un baquet d'eau chaude et fumante l'attendait au pied de son lit. Ses vêtements avaient été posés sur un tabouret, un peu plus loin. Sur un petit meuble à la tête de son lit avait été déposée d'autres vêtements, ainsi qu'une grande et douce serviette. Elle s'assit. Ses pieds et son dos la faisait souffrir. Elle était toujours épuisée. Se levant en grimaçant, elle se plongea avec délice dans le baquet d'eau. Alors qu'elle se frottait énergiquement avec la serviette pour se sécher, une femme, entièrement vêtue de mauve, dont seuls les yeux bleus et les mains étaient visible, apparut. Elles ne dirent rien ni l'une ni l'autre. Elle lui montra comment s'habiller de la tenue qui avait été déposée à son intention puis partit. Elle se retrouva dans une des tenues les plus étranges qui lui furent jamais portées. Tous ses vêtements, dans un tissus doux comme la soie, était d'un beau vert d'eau, de la même couleur que ses yeux. Elle revêtit une longue jupe fendues des deux côtés, parsemée à la taille de bordures dorées. Une brassière plissée couvrait sa poitrine, parcourue d'une petite frange dorée qui chatouillait agréablement son ventre plat, qui l'était encore plus, à cause du manque qu'elle avait connu assez récemment. Pour parfaire sa tenue, un châle était accroché à ses deux bras par deux bracelets de tissus posés sur ses biceps, décorés encore une fois de légères dorures. La femme revint. Elle la fit asseoir sur son lit, toujours sans échanger un mot, et de ses mains agiles et fraîches, lui fit une demi-queue assez lâche enroulée sur elle même. Elle lui accrocha aux oreilles des boucles, composées de filaments dorés et verts. La tenue, comme tout ce qu'elle portait, semblait avoir été fait exactement à sa taille. Elle ne se posait aucune question. La femme lui prit les mains, lui passa trois bracelets d'or au poignet droit, et seulement deux au gauche. Ils étaient finement ouvragés, mais semblaient de loin être simplement de gros anneaux. La femme, prenant précautionneusement ses pieds, fit glisser à ses fines chevilles de légers bracelets en spirale, serpentant autours de ses mollets. Puis elle partit, en silence.

    Elle restait allongée sur le lit, fixant le plafond sans rien penser. Les jambes légèrement ramenées vers elle, elle attendait. Bercée par le silence environnant, elle s'endormit.

     

    Quand il la revit, il n'en crut pas ses yeux. Elle était plus rayonnante, plus magnifique que jamais, bien que ses traits fussent encore tirés par la fatigue. Il attendait depuis au moins deux jours de la revoir, sans aucunes nouvelles, dans un silence qui n'était troublé que par ses questions toujours restées sans réponses. On lui avait apporté de quoi se laver, s'habiller, manger, sans un mot, on ne l'avait pas regardé dans les yeux, jamais. Des mains avaient parcouru en silence son corps pour le laver, le vêtir d'une tenue étrange, le soigner. Mais aucune parole n'avait été échangée. Loin de trouver ce silence constant angoissant, il le trouvait apaisant.

    Et maintenant il la retrouvait. Elle ne l'avait pas encore vue, elle était assise sur un banc de marbre blanc, adossée à un mur qui l'était tout autant, parcouru d'un lierre vert sombre qui faisait ressortir sa beauté et les couleurs de sa tenue légère. Sa tête posée contre le mur, son délicat menton pointé vers le ciel qu'elle ne voyait pas, elle attendait. Il avança doucement. Il ne se sentait plus ridicule, à présent dans cette tenue étrange dont on l'avait revêtu, toute d'argent, aussi pure que son regard. Il se sentait… transformé. Enfin à la hauteur de celle qu'il avait attendue pendant tant d'années sans jamais se douter qu'elle partageait ses sentiments. Et maintenant, face à elle, dans le silence toujours aussi imperturbable, il se sentait digne d'elle, vêtu d'une tenue aux aspects guerriers, le mettant en valeur, et parfaitement à sa taille. Il s'approcha lentement. Les sandales qu'on lui avait remises, aux semelles molles pour protéger ses pieds, se posaient sans un bruit sur le sol. Elle perçut sa présence, baissa vivement sa tête, avant de se lever lentement, les bras tendus vers lui, puis de parcourir les quelques mètres les séparants pour se jeter dans ses bras. Il referma doucement ses bras autour d'elle. Il senti sa tête se poser au creux de son épaules. Ses longs cheveux châtains leur chatouillaient la taille à tous deux. Une larme coula sur sa joue, silencieusement. Il leur semblait que rien ne devait perturbé ce silence immuable. Elle leva la tête, plantant ses yeux dans les siens. Il essuya doucement d'un doigt la larme qui perlait encore sur sa joue, puis se pencha et l'embrassa.

     

    Il leur semblait que longtemps avait passé avant que quelqu'un arrive. Ils n'avaient pas quitté cette position, bras serrés autour de l'autre, visage si proche qu'un grain de poussière, qui semblaient d'ailleurs absents de ce monde, n'aurait pu passer entre eux. Ils se séparèrent à regret. Il lui prit la main et se positionna derrière elle, sa tête dépassant la sienne. Son menton caressait doucement le haut de sa tête. Des hommes avec des lances, comme ceux qu'ils avaient vu lors de leur apparition, les encerclèrent, avant de les mener, lances toujours pointées, vers la salle où l'étrange cristal rayonnait toujours de sa profonde lumière rouge. Ils sortirent à reculons, les laissant seuls, dans l'immense pièce. Ils se serrèrent la main, cherchant à se rassurer l'un et l'autre.

    Ils attendirent, encore, longtemps, main dans la main, dos à la lourde porte de pierre, les yeux fixés sur le cristal géant qui semblait battre lentement, au rythme de leurs cœurs. Un vieil homme, au bout d'un temps incertains, apparut. Il était vêtu d'une longue tenue azure, dans un de ses tissus étrange. Sa peau, blanche comme de la craie, semblait translucide. Il avait une longue barbe blanche, et son crâne complètement dégarni reflétait légèrement la lueur sourde du cristal, au dessus de lui. Il s'avança lentement, s'appuyant sur un long sceptre sculpté dans ce qui semblait être de la pierre, couleur du ciel mais parcourue de marbrures argentées. Arrivé à quelques mètres d'eux, il s'arrêta. Ils se rapprochèrent légèrement l'un de l'autre, s'entre serrant la main pour se donner du courage, contre ce qui se passerait, quoi que ce fut. Tout ce temps passé s'était écoulé en silence. Les seuls bruits qu'ils avaient perçus avaient été ceux du bâton frappant à coups réguliers le sol. Le vieil homme et les deux adolescents se fixaient, chacun cherchant à analyser l'autre. Analyse qui se révéla infructueuse pour les deux jeunes, toujours aussi perdus, l'esprit vide de toute pensée cohérente. Dans un silence aussi total que celui qu'ils avaient connus loin sous la surface de l'océan, l'homme de mit à parler, d'une voix profonde et grave. Étrangement, ils comprenaient ce qu'il disait.

     

    « Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu le cristal battre. De nos mémoires, il n'avait plus battu depuis des dizaines de milliers d'années. La dernière fois remonte à la bataille que nous avions menés contre les immenses météores s'étant abattus sur ce sol, amenant l’extinction des milliers d'espèce peuplant ce sol, excepté la nôtre, qui, grâce au sacrifice de jeunes couples, permit de le faire battre une dernière fois avant de s'arrêter, nous ayant protégé de nombreuses années attendant la fin d'une pluie galactique ne s'arrêtant pas, visant la destruction du monde. Je ne sais pas pourquoi vous êtes là. Je ne sais pas pourquoi il bat. Cela n'arrive que dans des occasions extrêmement rares. Rien ne nous menace. Je ne sais pas pourquoi vous me comprenez. Je ne sais pas pourquoi vous êtes si différents de nous, et pourtant si semblables. Je ne sais pas comment vous faites pour vous aimer, après des siècles où ce mot n'a plus de sens. Je ne sais comment vous avez fait pour supporter ce silence. Vous n'auriez pas dû. Je ne sais comment vous avez survécu. Je ne sais pourquoi le cristal s'est mit à battre pour vous. Il n'a jamais battu comme cela. Même des milliers d'années en arrière, les traces que nous avons et les souvenirs de nos ancêtres n'ont jamais mentionnés un battement aussi, profond, lourd, silencieux, beau, régulier. Ne vous sentez-vous pas liés à lui ? C'est étrange. Je ne sais non plus pourquoi je suis ici, à vous parler. Je ne sais rien de tout cela.

    La seule chose dont je peux avoir la certitude, c'est que quelque chose va se passer. Je ne sera pas si cette chose sera en bien ou en mal. Je ne sais pas si c'est vous qui, en arrivant, amenez le mal, ou au contraire, si vous vaincrez un mal qui approchera. Je ne sais pas comment cela se fait-ce que vous soyez là. Vous ne devriez pas cela est impossible.

    À présent, vous serez guidé, par moi même, à travers ces lieux où nous vivons. Je vous apprendrais plus plus tard. Méfiez vous. Contrairement à moi, tous ne pensent pas comme moi que vous nous délivrerez d'un mal encore inconnu, la plupart craignent que vous n'ameniez un mal pire que celui qui a ravagé ce sol voilà des générations. Je vous guiderais en ces lieux innombrables et innommables pour certains. Je vous initierais à nos secrets. Peut être ne devrais-je pas, si effectivement vous nous apporterez un mal contre lequel nous ne pourrions pas nous battre, celui-ci venant directement de notre cœur à tous. Cependant, je vous fait confiance. J'ai confiance en mon cœur et en mes intuitions, qui, après des siècles d'existence, ne m'ont presque jamais trompés. J'espère ne pas commettre la dernière erreur de ma vie.

    Maintenant, suivez moi. Je vais vous montrer où vous logerez, vous expliquez nos us et nos coutumes. Restez silencieux. Vous avez su le respecter grandement, jeune fille, et vous un peu moins, jeune homme, mais vos raisons sont entendues. Venez. Laissez moi vous racontez notre histoire. Nous écouterons la votre après. »

    Le vieil homme leur tourna lentement le dos. Il avança, les faisant traverser lentement la pièce gigantesque, passant en dessous du cristal qui lévitait calmement, au rythme de leurs cœurs.


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  • On l'avait assise à côté des professeurs. Elle avait fait une crise de panique. Elle ne cessait de crier « L'avion va s'écraser ! On va tous mourir ! Je l'ai vu! Croyez moi, je vous en prie ! » L'aller s'était pourtant très bien passé. Elle et sa classe étaient partis quelques jours plus tôt, avait fait un séjour mémorable qui les avait tous marqué, et le jour de l'embarquement, elle était devenue nerveuse, avait crié dans l'avion et même pleurer, voulant l'empêcher de décoller. On l'avait assise entre deux professeurs, donné des calmants et des somnifères dans l'espoir de l'endormir. Lui, à sa droite, il l'observait. Un autre professeur s'était vu contraint d'aller s'asseoir à sa place, quelques rangées derrière, pour séparer et calmer deux élèves qui se disputaient. Il voyait bien que, même endormie, elle n'était pas tranquille. Sa tête se secouait parfois énergiquement de droite à gauche, et elle murmurait des choses dans son sommeil. Ses sourcils se fronçaient de temps en temps. Mais rien de ce qu'elle n'avait cessé de répéter ne semblait arriver. L'avion volait en ligne droite, calmement, aussi d'une mer plate plusieurs kilomètres en dessous. Sa tête s'était posée sur son épaule, et il n'osait bouger de peur de la réveiller. Ses cris c'étaient entendus dans tout l'avion, et elle, d'habitude si calme et si joyeuse, faisait peine à voir d'être aussi terrorisée pour rien. Elle avait très souvent pris l'avion auparavant.

    Tout d'un coup, elle ouvrit brusquement les yeux. Le regard fixe, elle se redressa sur son siège, et l'avion connu un violent soubresaut, un choc qui fit jeter hors de leur sièges ceux qui ne s'étaient pas attachés, et la tête de quelques passagers rencontra douloureusement le dossier en face d'eux. Elle se remit à crier. Tant bien que mal, il essaya de la calmer, sans succès.

    « Tu ne le vois donc pas ? Je l'ai vu, j'en ai rêvé, on va se crasher dans la mer ! Écoutez moi!vous en voyez donc rien ? » L'avion continuait de ballotter en tous sens. Un message du pilote sonna dans les hauts parleurs, demandant aux passagers de bien accrocher leur ceinture et de rester calme, il ne traversaient qu'une zone de turbulence. La jeune fille, soudainement calme, se plaqua à son siège. Son visage était livide. Un choc plus violent encore que les autres les propulsa vers le hublot. Ils crurent percevoir un éclair dans le ciel, pourtant parfaitement bleu et blanc de quelques légers nuages quelques instants avant. L'avion tangua, se penchant dangereusement d'un côté. Le pilote ordonna de mettre les gilets de sauvetage, en l'attente d'un éventuel amerrissage forcé. « Vous ne voyez donc toujours pas ? Regardez, regardez non de non, l'aile est brisée !! » L'avion était penché mais il ne distinguait pas d'aile brisée en regardant par la petite fenêtre. « Les passagers sont priés de rester calme. Nous sommes dans une zone de turbulence, rien de grave ne peut arriver ». Le haut parleur qui débitait sans cesse des paroles demandant le calme la faisait crier de plus en plus. Certains élèves, vaincus par ses cris, commençaient à perdre confiance. Brusquement, elle fixa son voisin, silencieusement, décrocha sa ceinture toute allure puis se jeta sur lui en criant « Attention ! ». Quelque chose qu'il n'identifia pas venait de percer le hublot. Cette fois ci, elle ne rêvait pas, l'avion était vraiment en train de foncer vers la mer, qui se rapprochait dangereusement d'eux. Le temps était toujours d'un bleu limpide, le pilote ne comprenait plus rien.

    Puis ce fut le choc. Ceux qui avaient pu détacher leur ceinture et mettre leur gilet réussir pour certains à remonter à la surface, tant bien que mal. Une grande partie finirent coincer dans l'avion, ne pouvant remonter, respirant quelques instants les poches d'air qui étaient toujours à l'intérieur de l'avion, qui n'avait pas encore finit de couler. Les hôtesses, les pilotes et ses adjoints avaient pour la plupart réussi à s'en sortit, et avait difficilement mis à l'eau des canots pour récupérer les passagers, survivants ou non, faisant leur possible à sauver ceux qui pouvaient l'être.

    Ce fut son tour de paniquer. Elle l'avait sauvé d'un éclat de l'appareil juste avant sa chute, elle lui tenait à présent la main pour l'empêcher de couler. Il ne savait pas nager, seul son gilet le maintenait à la surface. Un bras accroché à lui, elle nageait tant bien que mal vers le canot le plus proche. Les passagers rescapés pour le moment lui criait de se dépêcher et lui tendait les bras, bien qu'elle soit encore à plusieurs mètres. Puis il y eu un second éclair, venu de nulle part, comme celui qui était apparu au début des turbulences.

    Tout disparu autours d'elle et de lui.

    Ils disparurent à la vue des naufragés, qui pensèrent qu'ils avaient été happés par une vague, bien qu'ils n'y en ai pas énormément, celle ci uniquement dues à l'avion qui coulait, s'enfonçait toujours plus dans l'eau, lentement mais sûrement, emportant avec lui plusieurs élèves et d'autres passagers.

    Désorientée, elle le lâcha, regardant partout autours d'elle. De colère, de peur et de tristesse elle hurlait au vide. « Vous voyez ! Vous m'auriez écoutée, rien de tout ça ne serait arrivé ! » Des larmes coulaient à flot sur ses joues, minuscules gouttelettes salées allant se perdre dans l'immensité de la mer. Elle repris la main de son compagnon d'infortune, nageant droit devant elle, tant bien que mal, à la force de ses deux jambes et d'un seul bras. Elle nageait autant qu'elle pouvait. Son état de fatigue empirait, mais que pouvait-elle faire d'autre ? Il avait fini par comprendre le mouvement, et la suivait comme il pouvait, encombré de son sac à dos qu'il n'avait pas voulu abandonner. Ils avaient tous deux laisser leurs chaussures aller à la dérive, celles ci les encombrants et limitant leurs mouvement. Ils nageait droit devant eux, si tant est que les courants ne les faisaient pas dévier. Ils nageait, vers quoi ? Il n'y avait que la mer, bleue, profonde, immense à parte de vue autours d'eux. Épuisés, ils se laissaient de temps en temps dériver. Ils se tiraient à tour de rôle. Ils nageaient sans but, dans le fol espoir de trouver un bateau, une terre, juste un rocher au dessus de l'eau pour se reposer. Ils n'osaient pas regarder dans l'eau les animaux qu'ils croisaient. Ils n'osaient pas imaginer ce qu'ils feraient s'ils tombaient sur un banc de méduses, des requins, des poissons étranges, autres choses. Cela semblait faire des heure qu'ils nageait au milieu de nulle part. Ils ne savaient pas où ils étaient au moment du crash, ils le savaient encore moins maintenant, après avoir brusquement disparu sans raisons de leurs camarades, professeurs, et inconnus qui étaient avec eux dans l'avion. Elle était terrorisée. Pourquoi avait-elle rêvé de cela ? Pourquoi avaient ils tous les deux été amenés ici, dans cet océan coupé du reste du monde, sans aucun endroit où poser leurs pieds, allonger leurs jambes courbaturées, reposer leurs corps épuisés ?

    La nuit commençait à tomber quand, portés par le courant, ils atterrirent sur un îlot de sable minuscule. Le ciel était magnifique, mais ils n'en avaient cure. Leur île sauveteuse faisait tout au tout cinq mètres sur cinq, pas plus, et était effleurée par l'eau de tous côtés, si bien qu'ils se demandaient ce qu'ils feraient quand la marée, si tant est qu'il y en est une aussi loin au milieu de l'océan, arriverait. Il y avait bien ce rocher, vers le milieu du banc de sable. Il était haut d'au moins deux mètres au dessus d'eux. Il était d'un noir profond. Il n'y avait, étrangement, aucune algue, aucun coquillage, pas le moindre petit grain de quoi que ce soit dessus. Mais ils étaient bien trop éreintés pour s'en rendre compte. Après des heures de nage, coûte que coûte, ils s'étaient allongés sur le sable mouillé de leur îlot, et avait sombré chacun dans un sommeil très léger, se réveillant à chaque vaguelette leur chatouillant les pieds, à chaque mouvement qu'ils faisaient, à chaque petite brise leur caressant la joue. Au bout de quelques heures de ce sommeil qui ne les avait pas reposés le moins du monde, ils s'assirent l'un à côté de l'autre, se réchauffant un peu mutuellement sous le ciel d'un noir d'encre, sans lune, mais constellés de milliers de petites étoiles au loin, qui chauffait un autre monde, tellement éloignés du leur. Elles guidaient quelque part ailleurs sur cette immensité aquatique des marins d'un autre monde, des avions perdus dans le ciel, des mouettes cherchant la terre, des oiseaux migrateurs volant vers d'autres cieux. Côte à côté, ils ouvrirent son sac. Miraculeusement, il contenait, dans un petite boîte hermétique, quelques biscuits, des écouteurs et un ancien mp3. Ils grignotèrent lentement, du bout des lèvres, le peu de nourriture qui leur était accordé, et, frigorifiés et persuadés de mourir bientôt, ils écoutèrent, un écouteurs chacun, la seule chose qui les rattachait encore au monde qui leur paraissait réel, de la musique, jusqu'à que le petit appareil n'ai plus aucune batterie, qu'il avait déjà bien faible avant. L'eau commençait à monter. Ils se levèrent, elle s'enroulait autours de leurs chevilles, caressant leurs genoux, atteignant leur taille. Ils furent contraints d'escalader, tant bien que mal, cet étrange rocher, aux arêtes multiples acérées qui perçaient leurs pieds, répandant leur sang tout du long, leurs blessures rendues brûlantes par le sel de la mer.

    Ils étaient en haut. Ils ne pouvaient plus rien faire. Le niveau continuait de monter, semblait vouloir recouvrir d'eau le monde entier. Le sac à dos accroché à leurs jambes, l'eau au niveau de leurs épaules, il la fixa dans les yeux.

    « Merci. Je suis désolé d'être ici » Il voyait ses yeux qui se perlaient de larmes délicates, du peu d'eau qu'il restait dans son corps. L'eau leur arrivait au menton. « Avant que nous ne mourrions noyés… je voudrais juste te dire quelque chose… » Il crachota l'eau qui lui était entrée dans la bouche. Il voyait dans ses yeux le reflet des étoiles du ciel, mais aussi d'autres qui étaient apparues, uniquement dans ses beaux yeux verts. Deux étoiles, une dans chaque œil, de résignation à la mort, et deux autres, faibles, qui perçaient à peine à travers le désespoir, de petites étoiles, minuscules, de bonheur. Il ne finit pas sa phrase, et passa ses bras autours d'elle, passant ses bras autours de lui, lui prit la tête et l'embrassa paisiblement en fermant les yeux, lui rendant son baiser, les lèvres scellées pour toujours, faisant maintenant fi de l'eau qui leurs arrivait au dessus de la tête. Ils étaient liés dans une étreinte qu'ils n'avaient pas pu prévoir, mais qu'ils espéraient secrètement chacun de leur côté depuis longtemps. L'eau, bien au dessus de leurs têtes, empêchait la faible lueur des étoiles de passer, et ils restaient là, immobile, les yeux fermés, de l'eau des les poumons se serrant l'un à l'autre pour ce qu'ils pensaient être les derniers instants de leur vie.

    Il leur semblait que c'était la seule chose à faire, s'embrasser pour l'éternité, défier une dernière fois l'immensité d'eau qui serait leur tombeau.

    Ils ne purent le voir. La lune était apparue dans le ciel, plus blanche et plus ronde que jamais. Leur sang, qui c'était déposé sur la roche, brillait de sa belle couleur rouge au milieu du noir de l'océan. Ils ne voyaient rien, ils ne respiraient plus. Ils ne pensaient plus, ils étaient juste là, au milieu de la mer immense, attendant et attendus par la mort. Ils ne ressentaient plus rien, ni chaleur, ni froideur, ni la douleur sous leurs pieds, pas plus que les petits serpentins bleus pâles lumineux qui s'enroulaient lentement autours de leurs chevilles. Du bas du rocher, de légers motifs couleur azurs avaient fait leur apparition, montant lentement vers la pointe de la roche, rendant à leurs sangs mêlés sa couleur rouge, se diluant en spirales autours d'eux. La lumière bleue parcouraient leurs corps liés dans une étreinte infinie, passant sous leurs doigts, sous leurs peau, dessinant des arabesques dans sa chevelure, rendant son tatouage à l'épaule luisant. Si quelqu'un avait été là, il aurait vu au milieu de la noirceur profonde de la mer deux adolescents lumineux de la couleur du ciel, entourés de serpentins rouge sang dansant autours d'eau. Les filaments lumineux bleus continuaient de monter sur leurs corps. Ils atteignirent le cœur, faisant naître un violet profond, qui, faible au début, sembla se mettre à battre lentement. Ils atteignirent leurs menton collés, montèrent, et arrivèrent simultanément aux coins de leurs yeux, les ouvrants. Ses yeux brillèrent d'un vert émeraude profond, faces aux siens, d'un argent des plus pur. Quatre rayons lumineux qui traversèrent l'obscurité des fonds marins. Ils se fixèrent, vide de toutes émotions, les lèvres toujours liées.

    Puis tout devint noir. Autours d'eux comme à ce qu'ils voyaient. Il n'y avait plus rien.

    Peut être la mort les avait-elle enfin appelés à elle.

    Le cristal, énorme, brillait d'un rouge profond. Il semblait battre lentement. Un cercle d'homme se tenait autour de lui, des lances pointées vers son centre. Il eut un éclat plus violent, les forçant à se protéger les yeux, et en dessous de lui, apparurent dans un rayon de lumière deux adolescents s'embrassant, qui se retournèrent immédiatement, dos à dos, se préparant face à un nouveau périple que la vie semblait vouloir leur accorder, la mort ne voulant pas d'eux. Ils ne gardèrent cette position, dos contre dos, genoux légèrement pliés, leurs yeux luisants encore faiblement dans le clair obscur du cristal, fixant en chien de faïence les lances pointées sur eux, que quelques instants, avant de s'écrouler par terre pour de bon, assomés par ce qu'ils venaient de vivre, tout et rien.

     

     


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  • La rédaction que j'ai écrite pendant le brevet blanc, dans la semaine du premier février. Personnellement je ne la trouve pas top, mais j'ai eu 15/15, donc ça doit pas être si nul que ça :') Il fallait écrire un souvenir heureux si je me rappelle bien du sujet ^^

    Ça à l'air ridiculement court écrit ici, mais ça m'a pris une page recto verso plus une page quand même, et j'ai JUSTE pris une heure pour le faire. MAIS BON XD

    J'espère que la prof qui m'a corrigée  senti l'ironie profonde de mes premiers paragraphes :') Tout ce qui est dans le texte est véridique^^

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    C'était il y a environ six mois, pendant les vacances d'été. Cela faisait deux semaines que les vacances avaient commencé. Cela faisait aussi deux semaines que plus rien n'était organisé, ni cours, ni concours, ni compétitions, ni spectacles, ni sorties en tous genres. Il faisait chaud. Mis cela faisait aussi une semaine que je ne faisais plus rien, tous mes amis étant déjà partis, que ce soit à la montagne, à la plage, en Russie, enfermé dans leur cave à jouer, dans le village perdu des grands parents ou, souvent, dans leur chaud pays d'origine.

    Moi, j'attendais le 20 juillet. Le 13 juillet, une semaine plus tôt, une grande partie de mes amis en question étaient partis ; ils avaient pris l'avion à 40, pendant 12 heures, partant tôt et arrivant encore plus tôt. Ces amis étaient partis au Viet Nam.

    Cela faisait une semaine que je me morfondais. Une semaine que je m'étais faite "abandonnée". Une semaine que j'étais sans nouvelles de la plupart de mes amis.

    Et puis, un matin, ce fameux 20 juillet tant espéré, tant attendu, ça y est, je pars. Je pouvais enfin aller rejoindre ces amis qui m'avaient tant manqué, s'amusant ensemble mais loin de moi. Et je n'étais pas la seule à être heureuse. Les parents de l'amie qui allaient  me prendre en charge, ainsi que d'autres parents du groupe, partaient et allaient enfin pouvoir retrouver leurs enfants, mes amis.

     Après avoir fait à notre tour ce long voyage en avion, nous y sommes. Le Viet Nam, que nous attendions tous depuis si longtemps, est enfin là, à nos pieds et sous nos yeux. La ville d'Hô Chi Minh-Ville m'était presque familière, étant déjà venue quelques années plus tôt, et je reconnus avec joie des éléments qui n'avaient pas changés. L'immense centre commercial s'élevant en tour. Le petit restaurant à ses pieds. La circulation effarante de motocyclettes. Et, bien sûr, la chaleur écrasante et l'humidité qui en l'était pas moins.

    Une petite heure d'attente, puis nous avons repris l'avion pour notre destination finale du moment : Nha Trang. Une heure d'avion, trente minutes de car, vingt minutes de taxi, et voilà, l'hôtel où j'allais passer une semaine, qui logeait mes amis.

    Après une entrée dans la chambre avec qui j'allais "vivre" pendant trois semaines, où se déroulait une bataille de tong, oreillers et cartes de loup-garou, j'ai eu droit au programme détaillé de ce qui se ferait. Entre entraînements de sport avec les vietnamiens matin et soir, plage, démonstrations, compétitions, visites de dizaines de lieux comme la baie de Ha Long, de temples et autres, je ne risquais pas de ne pas savoir quoi faire.

    Les vacances pouvaient commencer.


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