• Depuis les profondeurs de la Terre, elle dansait. Elle dansait depuis qu'elle y avait été enfermée une éternité auparavant, par un peuple de minuscules créatures qui creusaient, creusaient toujours plus profond pour découvrir et extraire les merveilles que le sol et les roches pouvaient livrer. Ce petit peuple avait pris peur en voyant la gigantesque créature de feu de et pierre, et avait alors fait appel aux plus puissants des pouvoirs pour continuer leurs travaux miniers sans danger. Car en effet, la créature chantait, la créature grondait, tant et si bien que parfois le sol tremblait, les galeries s'écroulaient, l'écho brisait des architectures millénaires.

    La Danse de la créature de feu

     

    Privée de sa voix, la créature passait désormais le temps à danser, à se mouvoir sur le rythme de mélodies qu'elle ne pouvait plus entendre. Elle créait avant les glaciers, les terrains, les éboulements et remodelaient les continents de la Terre. Aujourd'hui, c'était le monde entier qu'elle créait.

    Les chaînes de montagnes s'élevaient sous son impulsion, les pays s'éloignaient les uns des autres, les volcans rugissaient leur colère vers le ciel.

    Ils rugissaient, ils crachaient leur colère, tant et si fort qu'ils coloraient le monde d'orange, depuis le cœur de la Terre leur peinture de feu remontait. Elle venait de si loin, de si profond, de si insondables endroits, de lieux si abyssaux, elle venait de la source même de la créature. La créature de feu qui toujours dansait, au rythme des années, au rythme de la valse des continents. Elle voyait sa source se tarir de sa propre action, de sa propre danse, elle entendait au dessus d'elle le chant du Dies Irae des volcans grondant, et y mêlait sa propre fureur mouvante.

    La Danse de la créature de feu

    Elle dansait, elle dansait, elle dansait tant et si bien qu'elle même remonta des profondeurs. Remonta si haut que les volcans rugirent plus fort que jamais, quand elle traversa les, roches, le sol et la Terre pour apparaître au ciel et faire rugir ses mouvements de feu. Le créature, enfouie des millénaires auparavant, apparaissait à la lumière, sans voix, mais plus expressive que jamais, dansant pour les ténèbres, dansant pour le feu qui maintenait la vie, dansant pour elle-même et les années qu'elle passerait à la lumière. Encore plus loin qu'elle n'était, l'astre de feu la voyait.

    La Danse de la créature de feu

    Il la voyait, danser dans sa robe de feu et de lave, et voulut faire de même. Et l'astre dansa, l'astre dansa, tourna, virevolta, valsa, tant et si bien, que des gerbes de sa lumière et de sa chaleur, de son feu, atteignirent la Terre où la créature dansait, et ils dansèrent alors à deux. Ils dansèrent et tournoyèrent, feu stellaire contre et avec lave terrestre, en un concert de chaleur et de couleur. Rouge et orange de la lave et du feu, vert et bleu de la fusion astrale percutant la Terre. En éclair vers le ciel, amas lumineux et brûlant, chaleur de la vie, chaleur de la danse, et chaleur de feu, éclairaient les Hommes d'un spectacle ardent, furieux, embrasé, flamboyant, passionné, incandescent, cuisant et exalté.

    Elle dans sa robe de feu, lui dans son ensemble de flamme, ils tournoyaient, ils virevoltaient, ils valsaient et dansaient pour l'éternité que la vie leur offrait. L'astre de ciel lointain et la créature des abysses de la Terre amenaient au monde la fureur des éléments, la beauté de la puissance du monde. Par cette danse éternelle, ils livraient le combat inachevé et inachevable de la colère et la passion. Le feu brillait, la lave coulait, les flammes dansaient. La chaleur et les lumières régnaient.

    La Danse de la créature de feu 

     

    Les sources sont cliquables sur les images.


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  • L'Esprit de Noël, vraiment ? Question originalité pour le choix du sujet de Décembre, vous auriez pu faire mieux, ô petits internautes anonymes.
    Bon : voyons voir ce que nous pouvons faire de cela... Poursuivez votre lecture à vos risques et périls ! 

     

    Petit Papa Noël ? Et qu'en disent les musiciens ?

     

    Ça f'sait pourtant un an ou deux
    Que j'croyais plus du tout en lui
    Pas plus que j'croyais au bon Dieu, d'ailleurs
    Ou à la s'maine des trente-cinq heures
    N'empêche que bon, par acquis d'conscience
    J'ai mis mes santiag' d'vant la ch'minée
    Vu qu'on était l'24 décembre
    P't-être que l'Père Noël se pointerait, hein, va savoir

    Alors, il est bien v'nu
    Mais manque de bol, dis donc
    Avec l'antenne de la télé
    Y s'est emmêlé les guibolles
    Et s'est vautré dans la ch'minée
    Y s'est rétamé la gueule par terre
    Sur ma belle moquette en parpaing
    Y'avait d'la suie et des molaires
    Le Père Noël est un crétin !

    Petit Papa Noël

     

    Toi qu'es descendu du ciel
    Retournes-y vite fait bien fait
    Avant que j'te colle une droite
    Avant qu'j't'allonge une patate
    Qu'j'te fasse une tête au carré !

    J'lui avais d'mandé comme cadeau
    Une panoplie d'agent d'police
    Une super boîte de Meccano
    Une carte du parti socialiste
    M'a carrément amené peau d'balle
    L'avait pas dû recevoir ma lettre
    J'avais p'têtre pas mis l'code postal
    Qui correspond à sa planète

    N'empêche que y s'est pas gêné
    M'avait d'jà ruiné la moquette
    Dans l'canapé s'est écroulé
    Pour s'piquer la ruche à l'anisette
    Y m'a descendu la bouteille
    A lui tout seul le saligaud
    'vec le pinard l'a fait pareil
    Le Père Noël est un poivrot ! 
    Petit Papa Noël
    Quand tu descendras du ciel
    Avec des jouets par milliers
    N'oublie pas mes petits souliers (Oh non, ne les oublie pas)

    Le marchand de sable est passé
    Les enfants vont faire dodo
    Et toi, tu vas pouvoir flamber
    Avec ta hotte sur le dos
    Au son des cloches des églises
    Ta distribution des surprises

    Et quand tu seras sur ton beau nuage
    Viens d'abord sur notre maison Je n'ai pas été tous les
    jours très sage
    Mais je demande pardon

    Petit Papa Noël
    C'est pas la peine de descendre
    Va jouer plutôt dans ta cour
    Venir ici ne vaut pas le détour
    Y'a plus de cheminée
    Alors, où tu vas passer?
    Dehors, tu vas avoir si froid
    Ça glisse, et il y a du verglas!

    T'as glissé et t'es tombé
    C'est pour ça qu'tes tout p'tit, tout p'tit, tout p'tit
    Y'a pas plus petit, Tu trouveras pas plus p'tit!
    T'en fais pas si t'es p'tit
    Ca n'existe pas plus p'tit
    T'es qu'un nain, tu ne seras jamais qu'un nain
    ... Et un vieux croulant
    Et un vieux gros nain... Oh Ah

    Ça t'fait quoi d'être un nain?
    Tout p'tit . Tout p'tit .
    Oh l'autre il est tout p'tit
    Tout p'tit . Tout p'tit .Tout p'tit .
    Tu n'trouveras pas plus p'tit
    Ca n'existe pas plus p'tit
    Plus p'tit... Plus p'tit
    y'a pas plus p'tit que lui, Plus p'tit, tant pis
    Tu seras jamais rien, Tu seras jamais qu'un rien
    Tu seras jamais qu'un nain
    Tout p'tit, tout p'tit,
    Ah l'autre, il est tout p'tit
    Noël, Noël, Là je chante Noël, Noël, Noël, papa Noël
    Papa Noël, mais non, mais non, c'est pas un gros nain!
    Gros nain!

    Des petits extraits du meilleur des paroles...

     

    Ah, la magie de Noël... Que c'est beau et léger ! ... ?

       

    Délicat et en douceur, bien évidemment !

     

    Et puis, pour être dans un cocon de chaleur et de bonne humeur, les inévitables pulls de Noël !

    Eklabugs #28 - Esprit de Noël ? Eklabugs #28 - Esprit de Noël ? Eklabugs #28 - Esprit de Noël ?

     

    Quelle élégance, quelle raffinerie (ça, je ne suis pas sûre que ça se dise, mais par l'action de la magie de Noël, on va dire que oui) !

     

    Vous en voulez encore ? Continuons... Notre voyage n'est pas toujours aussi simple ni rapide que celui du Père Noël sur son traîneau tiré par ses rennes magiques... 

    Eklabugs #28 - Esprit de Noël ?

    (Bon pour être honnête avec vous, là c'est à Thanksgiving... Mais on ne va pas chipoter non plus, hein, eh oh, quoi.)

     

     

    Je pourrais continuer des heures comme ça, avec le gavage des oies, les magasins bondés, les cadeaux ratés, le génocide de sapins, l'endettement de familles suite à l'achat du repas de Noël... Mais vous en avez eu assez, non ? 
    La suite l'année prochaine, les amis !

    Et encore une fois, joyeux Noël  et bonne année !

     

     

    PS : Allez, je suis généreuse ce soir... Les autres participations à la session d'Eklabugs !

    Ella! avec Christmas Story
    Eyael_ avec L'esprit de Noël pour les nuls


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  • Commençons donc cette session mot-dièse 28 (c'est le cas de dire) sur la musique.

     

    "La musique...
    Si je faisais des gammes,
    Je deviendrais Clayderman.
    La musique...
    Pour être compositeur,
    Faut s'lever de bonne heure,
    Et pour chanter Mozart,
    Faut pas se coucher tard.
    La musique
    C'est rythmique,
    Harmonique,
    Symphonique,
    Et c'est bien pratique
    Pour la gymnastique."

    Voilà ce que nous disent Chansons plus bifluorées sur la musique, dans leur chanson Gymnastique.

    Alors, c'est bien beau, mais encore ? Qu'est ce que ça peut bien vouloir dire, harmonique, gammes, symphonique, rythmique, compositeur ? Qui sont Mozart et Clayderman ?
    Et bien, ce n'est absolument pas ce dont je vais traiter. La musique que je suis depuis environ 10 ans n'a pas du tout envie de vous parler de théorie musicale et de tout le tintouin.

    Je vais plutôt vous parler de ce que j'aime dans la musique, sa puissance.
    Et de vielle à roue.

    Puisque je suis quelqu'un de très logique, je vais commencer par ma deuxième partie. Alors, attention... *roulement de vielle* LA VIELLE A ROUE.

    C'est un instrument qui ressemble à ça :

    Vielle à roue

    (Vous pouvez cliquez sur l'instrument pour avoir accès au site d'où vient l'image, ainsi que pleinnnnn d'informations sur cette vielle que je ne vous livrerai pas.)

    Donc plutôt que de vous raconter tout ce que je ne vous raconterai pas, je vais vous raconter ce que je vais vous raconter.
    J'ai découvert cet instrument il y a environ un mois, au Salon du Fantastique qui a eu lieu à Paris.  Là bas, au milieu d'elfes, de tavernes médiévales et autres costumes d'Harry Potter, j'ai peu découvrir un petit groupe de musicien dont une musicienne jouant, ô suspens, de la vielle à roue. J'ai été très intriguée par cet instrument peu commun, et j'ai pris tout le courage que j'avais en stock pour demander un petit cours d'initiation à la dame enturbannée (oui, elle aussi était costumée).

    Voici un petit aperçu de ce que ça donne quand c'est bien joué :

        

    Oui malheureusement je n'ai ni photo ni vidéo à vous montrer... Je suis la première à le regretter.

    Je ne sais pas si on s'en rend compte en regardant, mais en jouer est assez complexe. Il faut tourner la manivelle, de manière régulière, sans à coup, sans arrêt, tout en pianotant de l'autre main sur un clavier, semblable à celui d'un accordéon, si ce n'est qu'il appuie sur les cordes pour faire les notes (plutôt de d'avoir un système comme celui d'un orgue pour jouer). Pour moi qui ne sait jouer ni sur un clavier et qui ait du mal à garder un mouvement stable quel qu'il soit... Ce n'était pas gagné. On a quand même réussit à reconnaître "Au clair de la lune" que j'ai essayé de jouer ainsi que "J'ai du bon tabac", mais pour "Colchiques dans les prés", hum, comment vous dire... Même en sachant ce que c'était sensé être ça ne donnait pas tout à fait le résultat attendu. La musicienne m'a elle même livré que quand elle jouait, elle ne pouvait absolument rien faire d'autre en même temps, il faut vraiment une coordination assez importante pour ne pas s'y perdre..

    Mais ça en vaut le coup ! Des musiques traditionnelles, médiévales, aux airs celtiques, on peut jouer à peu près tout et n'importe quoi, ça a un rendu extraordinaire sur l'instrument.

    S'il vous plaît de vous renseigner plus sur ce vieil instrument que j'ai trouvé très sympathique, je pourrais vous livrer plus en détail mon ressenti, ou sinon, le site que j'ai donné un peu plus haut est riche en informations de tout acabits, il y a même des vidéos de cours en ligne (enfin, si vous avez pu vous acheter une vielle au préalable...) !

    J'espère vous avoir fait découvrir cet instrument peu commun qu'est la vielle à roue et vous l'avoir rendu intéressant.

     

    Depuis toute petite, la musique fait partie intégrante de ma vie. Je vis musique, je mange musique et je dors musique. J'ai commencé la chorale à 7 ans, en ai fait jusqu'à mes 14, commencé la solfège un an après et arrêté à peu près au même moment, et encore un an après j'ai commencé la flûte traversière et en joue toujours aujourd'hui (et pour longtemps encore j'espère).

    Ce que j'aime dans la musique, c'est sa puissance. Être immergé entièrement d'elle. Quand je chantais, j'étais une voix au milieu d'autres, je faisais partie d'un ensemble plus grand que moi. Pendant longtemps, cela m'a manqué à la flûte, mais depuis l'année dernière je joue avec l'orchestre de mon conservatoire et... Wow. Je redécouvre la musique chaque fois que j'y vais. Tenez, en ce moment, nous jouons ça :

     C'est la SYMPHONIE N°3 « ÉCOSSAISE », Op. 56, de Mendelssohn. Le mouvement commençant à 15:16 est mon préféré. Mais ils sont tous beaux.

    Je vais vous mettre deux musiques de films que vous connaissez sans doute maintenant, jouées par un orchestre bien entendu.

     

    Le seigneur des anneaux et Dragons (dont je vous encourage fortement à écouter toute la BO, magnifique, et si ça vous intéresse, je vous conseille cette vidéo de Tyllou qui nous rend les musiques de ce film encore plus belles.

    Je trouve ça triste de devoir réduire un orchestre et une pièce entiers à une simple vidéo Youtube. Jouer en orchestre (ou écouter les autres jouer dans mon cas de modeste petite flûte 2...), c'est ressentir les vibrations procurées par la musique, voir les autres musiciens vivre ce qu'ils jouent, le chef qui met toute sont énergie à simplement diriger pour la transmettre... On ne ressent pas la musique quand on est pas directement à sa source, sa puissance disparaît presque entièrement.

    C'est comme pour un concert de metal en fait. On arrive dans la salle, la foule est déjà prête à vivre... Les vibrations des basses font trembler les murs et nous même jusque dans notre cage thoracique, les accords nous étouffent, les décibels qui nous étourdissent... Et puis outre l'aspect purement musicale, le type de parole qu'on peut souvent retrouver dans les chansons de metal donnent envie de... de vivre, je n'ai pas vraiment d'autres mots.

    Quelques morceaux, qui selon moi, illustrent cette puissance : 

                

     Bon, j'avais dit "quelques"... Il y en a "quelques". Deux classiques : AC/DC et Motörhead (Lemmy si tu m'entends <3), une reprise magnifique de Disturbed de "Sound of Silence", originellement de Simon & Garfunkel. Et puis Avenged Sevenfold et Bullet for my Valentine pour le plaisir. 

    Et puis Sabaton parce que Sabaton c'est le bien. Je pourrais vous mettre absolument n'importe quel morceau, je suis persuadée que, que le genre musical vous plaise ou non, vous seriez emporté d'une manière ou d'une autre. Si vous ne savez pas quoi faire des vos heures à venir, je me ferai un plaisir de vous conseiller toutes certaines de leurs chansons.

    Cet article commence à être beaucoup trop long et je n'ai toujours pas abordé le plus important à mes yeux. 

    Je vais terminer cette partie sur le metal par cette chanson de Gloryhammer, avec un autre aperçu de ce que peut être la puissance dans le metal.

     

     

    Alors... Comment vous dire que la metalleuse que je suis est amoureuse de la musique celtique plus que tout ? Je vais continuer sur ma lancée de ne rien vous dire et de simplement vous passer des morceaux pour vous montrer toute la beauté de ce type de musique. Un exemple vaut mieux que de longs discours, dans ce cas encore plus.

      

    C'est une musique avec une puissance beaucoup plus... implicite. Elle se faufile dans votre cœur et, une fois dedans, n'en ressort pas. Elle est tellement empreinte de magie qu'il en reste toujours des traces. Il n'est plus question de puissance brute, de beauté fatale, c'est plutôt quelque chose de qualifiable par grisant et enivrant.

     

    Je ne sais pas si cet article était ce à quoi vous vous attendiez. Je crois que je me suis un peu laissée emportée par moment en l'écrivant. Mais la musique ne se parle pas, elle s'écoute, et j'ai essayé d'appliquer ceci du mieux que j'ai pu. J'espère vous avoir fait découvrir de nouvelles choses et surtout que ce petit moment musical vous aura plus. L'écrire m'a mis complètement hors du temps, à chercher des musiques correspondant à ce que je souhaitais vous montrez, à en découvrir ou redécouvrir certaines... La musique adoucit peut être les mœurs, mais la musique est surtout la représentation sonore du génie et de la vie, tout simplement. Elle est de nos jours, imprégnée dans nos vie : dans les films, dans la voiture, dans nos écouteurs, dans nos têtes, dans nos rêves, et parfois jusque dans nos corps.

    S'il y a bien quelque chose d'inutile inventé par l'Homme, c'est bien elle. Mais n'est-elle pas aussi la plus belle des inventions ?

     

     

     

    Les autres participations à la session :

    Lila ∞
    Un p'tit tour au Conservatoire ? {Eklabugs}

    Ella!
    Le monde de la musique

    Eyael_ 
    Projet Eklabugs : Et la musique fut

    Tsunn
    Eklabugs 28 - Novembre 2017

    Gaellah
    Les bruits de la nuit

    Nienor
    [Eklabugs] Musique !

    Sname
    [Eklabugs] Musique maestro! 

    #Yuki
    Eklabugs - Novembre 2017 | Capsule temporelle

     

     


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  •  Mes cours de français sont tout à fait PASSIONNANTS.

    Les couleurs passent super mal au scanner ><
    Cliquez pour voir an taÿ raie aile.

    ENAVRES


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  •  

     

    Je me rappelle de cette journée, au début de nos aventures. Je m'étais enfuie depuis peu avec le Capitaine M, mon cher compagnon. Nous dûmes nous arrêter dans une grande ville, dont je ne me souviens pas le nom, mais je sais que le soleil était haut dans le ciel, tapant sur les têtes emplumées des habitants les plus riches de la ville, et rayonnant sur les pavés poussiéreux. Mon cher Capitaine ne voulait pas me dire où nous allions, mais apparemment, l'objet qui nous avait fait atterrir pour aller le récupérer m'était très précieux, et marquerait d'une nouvelle lumière nos aventures.

     

    Nous marchions dans des dédales de rues semblables à des couloirs tant les habitations étaient hautes et cachaient la lumière. Chaque pas entraînait une baisse de luminosité, mais la fraîcheur procurée était loin de nous être désagréable.

     

    Les gens que nous croisions n'étaient que des silhouettes, des ombres silencieuses qui vivaient leurs vies sans même l'idée d'interférer avec les nôtres.

     

    À un énième tournant, Capitaine M ralentit le pas, et je dus faire de même. La ruelle qui s'offrait à nos yeux était semblable à toutes les autres, mais... différente. L'atmosphère y était changée. Le temps semblait suspendu. Éclairée par le seul rayon de soleil qui perçait, se tenait dans un coin une étrange musicienne. De son violon sortait une étrange mélodie qui envoûtait quiconque passait à proximité. Quand nous passâmes devant elle, elle se mit à jouer l'air populaire que sifflotait mon compagnon. Je m'arrêtai quelques instants pour l'observer. Elle avait des cheveux bleus aux reflets roux et cuivrés, une couleur que l'on retrouvait sur son violon. Violon étrange lui aussi car il avait sept cordes. À ses pieds, se trouvaient quelques pièces rondes et bosselées de cuivres, ainsi qu'une d'argent qui brillait plus que les autres. Sur la pancarte en dessous de son maigre butin, on pouvait lire « Je voudrais une boussole pour me guider dans le ténèbres », avec, posée dans un coin, une vieille boussole sans verre et dont les pièces étaient démontées et tordues.

     

    Dans une élan de générosité, je pris celle que j'avais dans ma sacoche de voyage, la déposait au milieu des pièces et me relevait. Je voulus croiser son regard, mais il était caché par de grosses lunettes d'aviateur aux verres sombres. Elle avait néanmoins un sourire qui dévoilait une unique fossette au coin de sa joue.

     

    Je remarquai aussi sans vraiment y prendre garde que juste derrière elle, une affiche nous représentant, le Capitaine M et moi même, disant, il me semblait, que ce cher homme était mon ravisseur.

     

    La musique reprit de plus belle quand nous nous engouffrâmes dans une boutique, à quelques pas d'elle. Un autre monde nous y attendait : du sol au plafond, on ne voyait que des bibelots entassés et poussiéreux de toutes sortes. Livres, matériels de cuisine, instruments de navigation, objets étranges, pianos édentés... il semblait qu’on aurait pu y trouver n'importe quoi.

     

    Mon cher Capitaine M ne s'attarda pas au milieu de ces objets des temps passés, et monta directement à l'étage en passant sur un fragile escalier dans un recoin, que je n'avais d'abord pas vu. Au second étage, des monticules s'empilaient jusqu'au plafond, de la simple casserole à d'imposants télescopes saupoudrés de toiles d'araignées.

     

    Ne sachant pas ce que nous cherchions, j'allais me poster devant une fenêtre qui ouvrait sur un océan de toits de tuiles rouges et noires et, au loin, la mer. Des murmures me parvenaient : ceux de mon capitaine qui discutait avec l'antiquaire qui gérait les lieux.

     

    Mais soudain, sans que je ne comprenne d'abord comment, l'atmosphère de ce lieu hors du temps me parut plus froide, plus oppressante. Un danger guettait indéniablement. J'identifiai alors la source de ce malaise : la musique de la violoniste. Elle jouait le même morceau que celui qu'elle avait repris peu avant, mais en mineur, beaucoup plus aigu, et avec des accords stridents. Je vis du coin de l’œil l'antiquaire se précipiter à une autre fenêtre, et nous faire de grands gestes. Le message était clair, il fallait que nous partions.

     

    Enjambant les piles d'objets, Capitaine M se précipita vers moi, me pris la main et m'entraîna de l'autre côté de la fenêtre à laquelle j'étais précédemment postée.

     

    Nous avons longtemps sauté de toits en toits, de cheminées en cheminées et de fenêtres en fenêtres avant de redescendre dans le silence et l'ombre protectrice des hauts murs de maisons dans les ruelles. Essoufflée, je remarquai alors l'étrange renflement dans le sacoche de mon amant, mais il me fit signe de me taire. Nous reprîmes notre chemin discrètement.

     

    À un détour de ces innombrables couloirs, je retins brusquement le bras de mon partenaire. J'avais perçu le bruit lointain de cliquetis d'armes et de pas qui frappaient le dalles du sol en cadence. Mon instinct nous sauva probablement ce jour-là, car quelques instants après surgissaient des hommes d'armes, qui passèrent devant nous sans nous voir, guidés par une femmes aux cheveux bleus cuivrés, un gros sac noir sur le dos. Elle trébuchait souvent sur les dalles irrégulières, et avait toujours un bras tendu devant elle.

     

    Quand ils furent tous éloignés, nous descendirent de l'encoignure de la porte derrière laquelle nous étions cachés. La rue, à présent silencieuse, brillait calmement sous les rayons de soleil, où voltigeaient encore quelques grains de poussière. Un papier froissé au sol attira mon attention.

     

    « J'ai trouvé le Nord dans le noir », était-il écrit, et un pas plus loin se trouvait la vitre ronde de ma boussole. Je les glissai dans la sacoche, et rejoignit en quelques foulées mon compagnon qui s'éloignait déjà.

     

    « Alors, qu'est-ce ? », le questionnai-je en arrivant à sa hauteur à propos de cet objet pour lequel nous avions presque risqué nos vies. « Une mappemonde... » me répondit-il en un murmure, glissant sa main dans son sac pour la récupérer.

     

    Je fus rarement aussi éblouie qu'à sa vue : ce n'était pas qu'une simple mappemonde. Elle était resplendissante, en métal précieux et incrustés de pierreries. Mais plus que tout, ce qui fit monter les larmes à mes yeux, c'est que c'était La Mappemonde. Celle de mes livres, celles de mes rêves, celle des légendes qui berçaient mon enfance, mon adolescence et même ma vie d'aujourd'hui. Elle n'était qu'un mythe, et avait appartenu, disait-on, à d'illustres pirates des quatre coins du monde de notre belle planète ronde.

     

    Elle devint ce jour-là celle du Capitaine M et de Lady L, celle qui ouvrit notre chemin à d'autre aventures, tandis que nous retournions lentement au Vagabond, prêt à décoller jusque dans les étoiles...

     

     

     

    17.07.16

     


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